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Sur les leishmanioses expérimentales, et en particulier sur la leishmaniose canine sur la souris blanche

LAVÉRAN Alphonse (prix Nobel de médecine)
publié en 1918

Ce mémoire est consacré à l’étude expérimentale des leishmanioses chez la souris blanche, avec une attention particulière portée à la leishmaniose canine. L’auteur cherche à préciser dans quelles conditions la souris peut être infectée par des Leishmania d’origine canine ou humaine, et à comparer ces infections à celles provoquées par les virus du kala-azar et du bouton d’Orient.

Les expériences montrent que l’inoculation intrapéritonéale de matériel infectieux provenant de chiens atteints de leishmaniose peut entraîner, chez la souris, des infections viscérales caractérisées. Les parasites sont retrouvés principalement dans la rate et le foie, plus rarement dans la moelle osseuse, les ganglions ou les testicules. L’évolution est variable : certaines souris présentent une splénomégalie et une altération hépatique marquées, d’autres développent des formes atténuées ou restent indemnes. Les infections sont en général plus nettes lorsque l’inoculation est répétée ou réalisée avec des cultures récentes et virulentes.

L’auteur compare ces résultats avec ceux obtenus en inoculant à la souris des virus de leishmanioses humaines. Le virus du kala-azar provoque une infection viscérale bien localisée dans la rate et le foie, sans manifestations cutanées. Les souches de L. tropica, en revanche, peuvent donner chez les souris mâles des lésions testiculaires fréquentes, parfois associées à une atteinte viscérale, mais les formes cutanées typiques observées chez l’homme sont absentes ou rares.

Il ressort de l’ensemble des observations que la souris blanche est sensible aux différentes leishmanioses, mais que l’expression clinique varie selon l’origine du parasite et les modalités d’inoculation. Les infections expérimentales demeurent principalement viscérales et localisées aux organes riches en éléments du système réticulo-endothélial.