Traité du paludisme
LAVÉRAN Alphonse (prix Nobel de médecine)
Ce traité expose de manière systématique l’état des connaissances sur les fièvres palustres à la lumière de la découverte du parasite responsable. L’auteur y rassemble cinq années de recherches menées en Algérie, centrées sur l’examen microscopique du sang des malades et sur l’étude anatomopathologique des formes graves et de la cachexie palustre.
Il établit que la lésion constante du paludisme réside dans la présence, dans le sang, d’éléments parasitaires pigmentés. L’observation directe, notamment de formes mobiles et de filaments animés, permet d’affirmer la nature vivante de ces éléments et leur rôle étiologique. L’auteur montre que ces parasites sont retrouvés chez les malades atteints des différentes formes cliniques et absents chez les sujets indemnes, ce qui fonde le diagnostic sur l’examen du sang. Il insiste sur la valeur pratique de cette méthode, qui permet de distinguer les fièvres palustres d’autres affections fréquentes dans les pays chauds.
L’ouvrage est organisé en neuf chapitres. Après l’étiologie, sont étudiées l’anatomie pathologique — avec la description des dépôts pigmentaires dans la rate et le foie — puis la biologie du parasite, ses formes successives et ses conditions d’observation. Les manifestations cliniques sont ensuite classées en fièvres intermittentes simples, formes continues ou compliquées d’accidents pernicieux, et cachexie palustre. Les complications, le diagnostic différentiel, la pathogénie des accidents graves, le traitement et la prophylaxie font l’objet d’analyses détaillées.
L’auteur souligne enfin l’action spécifique de la quinine, interprétée comme dirigée contre le parasite lui-même. L’ensemble vise à substituer à des conceptions anciennes une interprétation parasitaire cohérente, fondée sur l’observation microscopique et l’expérimentation clinique.
