De l'Afrique
Léon l'Africain
Le livre De l’Afrique de Léon l’Africain (Jean-Léon de Médicis) a été publié pour la première fois en 1550.
Il paraît à Venise, en italien, sous le titre :
Della descrittione dell’Africa et delle cose notabili che ivi sono.
L’ouvrage est ensuite rapidement traduit en latin puis en français, devenant une source majeure sur le Maghreb et l’Afrique subsaharienne pour l’Europe du XVIᵉ siècle.
Traduction de Jean Temporal (1830)
Cet ouvrage présente une description détaillée de l’Afrique, fondée sur les observations et les récits de Léon l’Africain. Il s’inscrit dans la tradition humaniste de la géographie, qui vise à compléter et corriger les connaissances héritées de l’Antiquité, notamment celles de Ptolémée, en y intégrant les découvertes récentes des navigateurs portugais et d’autres explorateurs.
Le traducteur expose d’abord les raisons de son entreprise : rendre accessible au public francophone un texte initialement rédigé en arabe puis publié en italien, afin d’enrichir le savoir européen sur une région longtemps méconnue. Il insiste sur l’utilité politique et scientifique d’une telle œuvre, destinée aux princes, aux savants et à tous ceux qui souhaitent comprendre les peuples, les royaumes et les particularités du continent africain.
Léon l’Africain est présenté comme un témoin privilégié. Né à Grenade, réfugié en Afrique du Nord après la conquête espagnole, il séjourne notamment à Fès et voyage à travers la Barbarie, les royaumes d’Afrique subsaharienne, ainsi qu’en Arabie et en Syrie. Capturé par des corsaires, il est conduit à Rome où il se convertit au christianisme et adopte le nom de Jean Léon. Il y rédige son œuvre en mettant à profit ses connaissances linguistiques et son expérience directe des régions décrites.
Le livre entend fournir une synthèse ordonnée des territoires africains : description des villes, des provinces, des formes de gouvernement, des ressources naturelles, des mœurs et des croyances. Il complète ainsi les récits anciens par des informations contemporaines, issues de l’observation et du voyage. L’ensemble se présente comme une contribution majeure à la connaissance géographique de l’époque, conciliant érudition, témoignage personnel et souci de transmission fidèle.
