Les origines berbères. Etudes linguistiques et ethnologiques
RINN Louis
Cet ouvrage propose une étude linguistique et ethnologique visant à déterminer les origines des Berbères à partir de l’analyse de leur langue et de leur écriture. L’auteur rejette l’hypothèse d’une origine sémitique et soutient que les Berbères se rattacheraient à un ancien fonds touranien, apparenté aux grandes familles indo-européennes. Il fonde sa démonstration principalement sur l’examen des caractères dits tifinar et sur l’étude des racines consonantiques du berbère.
La première partie est consacrée à l’analyse des signes alphabétiques. L’auteur décrit les tifinar comme une écriture très ancienne, composée essentiellement de traits rectilignes et de points, qu’il rapproche des caractères cunéiformes et d’autres alphabets archaïques. Il attribue à chaque signe une triple valeur : hiéroglyphique, idéographique et phonétique. Les lettres primitives auraient été au nombre de dix, chiffre tenu pour sacré, correspondant aux consonnes fondamentales.
Chaque consonne est étudiée comme racine génératrice d’un ensemble de mots. L’auteur cherche à montrer que les sens dérivés — liés aux notions de divinité, de lumière, de lune, de soleil, de nature ou de génération — se retrouvent dans de nombreuses langues anciennes. Il établit ainsi des parallèles entre le berbère et le sanskrit, le grec, le latin, les langues celtiques ou germaniques, en s’appuyant sur des ressemblances phonétiques et sémantiques. Les lettres sont associées à des symboles cosmiques : l’éclair, le soleil, la lune, l’étoile, la matière ou la divinité suprême, formant un système religieux primitif où l’écriture et le sacré sont intimement liés.
L’ensemble de l’ouvrage vise à démontrer que la langue berbère conserve les traces d’une tradition très ancienne, antérieure aux influences sémitiques, et qu’elle constitue un témoignage majeur sur les migrations et les parentés des peuples de l’Antiquité.
