Ce document retrace, sous une forme narrative et historique, la vie d’Eudj’Ali, né en Calabre au début du XVIe siècle, futur grand corsaire et dignitaire ottoman. L’ouvrage s’ouvre sur le contexte méditerranéen de la fin du XVe et du XVIe siècle, marqué par l’affrontement entre l’Espagne et l’Empire ottoman pour la maîtrise de l’Afrique du Nord. Après la prise de Grenade et les expéditions espagnoles vers Oran et Mers el-Kébir, la montée en puissance des frères Barberousse transforme Alger en base durable de la course musulmane.
L’auteur insiste sur la situation de la Calabre, région exposée aux rivalités franco-espagnoles, aux ambitions impériales et surtout aux incursions barbaresques. Terre appauvrie par les guerres, les séismes et les pillages, elle forme des populations endurcies par l’insécurité permanente. C’est dans cet environnement violent que naît celui qui s’appelle probablement Luca Galeni, issu d’un milieu modeste de pêcheurs.
Capturé vers 1520 par des corsaires, il est réduit à ramer sur une galiote. Le texte décrit longuement la condition des galériens, chrétiens comme musulmans, soumis à un régime de travail exténuant, de privations et de châtiments corporels. L’expérience de l’esclavage, jointe aux épreuves antérieures, façonne son caractère.
Devenu renégat, il embrasse l’islam non par simple opportunisme mais dans un contexte de brutalité et de vengeance personnelle. Il gravit progressivement les échelons de la hiérarchie maritime ottomane, jusqu’à devenir l’un des plus puissants pachas d’Alger et un grand amiral au service du sultan. L’ouvrage présente ainsi une trajectoire individuelle exceptionnelle, étroitement liée aux luttes politiques, religieuses et maritimes qui structurent la Méditerranée du XVIe siècle.
