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De la colonisation de l'Algérie

BUGEAUD Robert Thomas (maréchal)
publié en 1842

Le texte expose une doctrine cohérente de colonisation appliquée à l’Algérie après l’achèvement militaire de la conquête. L’auteur part du constat que la domination ne peut être consolidée sans l’implantation d’une population européenne nombreuse, capable à la fois de mettre le pays en valeur et d’en assurer la sécurité. La simple occupation militaire ne suffit pas : il faut créer une société nouvelle, assez forte pour s’imposer durablement.

Deux formes de colonisation sont distinguées. La colonisation civile, tournée vers l’agriculture, le commerce et les villes, doit se développer prioritairement dans une zone côtière limitée, où la protection militaire reste efficace. Elle suppose une intervention active de l’État : préparation des terrains, construction des villages, infrastructures, encadrement administratif et soutien matériel aux colons durant les premières années. L’auteur juge illusoire d’attendre un développement spontané fondé uniquement sur les intérêts privés, jugés trop faibles face aux difficultés locales.

Au-delà de cette zone, il préconise une colonisation militaire. Celle-ci s’appuie sur l’armée, considérée comme le seul élément suffisamment discipliné, organisé et robuste pour faire face aux risques permanents. Les soldats libérés formeraient le noyau d’établissements agricoles structurés, aptes à se défendre et à servir de points d’appui à l’expansion. L’objectif est de constituer des populations compactes, solidaires et armées, plutôt que des implantations dispersées et vulnérables.

L’argumentation repose sur une analyse stratégique : la sécurité prime sur les libertés civiles intégrales dans un contexte de conquête récente. L’auteur affirme que l’État doit assumer le coût initial de cette politique, estimant qu’un investissement massif et méthodique permettra à terme de réduire les charges militaires et d’assurer la stabilité politique et financière de la colonie.