Le texte examine la question de la colonisation en Algérie en la liant étroitement à celle des institutions politiques. L’auteur, s’exprimant au nom des colons européens, part du constat que la colonie demeure soumise à un régime d’exception dominé par l’autorité militaire. Selon lui, cette situation freine l’émigration, décourage les capitaux et entretient la méfiance, alors même qu’une population européenne déjà nombreuse, propriétaire et active, est implantée sur le sol algérien.
La thèse centrale est que les institutions civiles doivent précéder et non suivre l’essor démographique. L’application du droit commun aux Français d’Algérie — communes, conseils, collèges électoraux, fiscalité régulière — constituerait la garantie indispensable pour attirer travailleurs et investisseurs. L’auteur ne demande pas l’assimilation des indigènes à la nationalité française, qu’il juge prématurée, mais la séparation des régimes : administration civile pour les Européens, autorité militaire pour les populations arabes.
Le texte développe également une réflexion sur la répartition du territoire et sur l’avenir démographique du pays. L’auteur estime que la mise en valeur agricole du Tell permettrait, à terme, d’accueillir une population européenne nombreuse, appelée à former avec l’armée et l’administration une communauté d’intérêts stable et solidaire.
Trois formes de colonisation sont ensuite analysées : militaire, civile par l’État, et libre par capitaux privés. La colonisation militaire est critiquée lorsqu’elle se présente comme exclusive ; elle ne doit être qu’un élément parmi d’autres. La colonisation administrative doit être réformée afin de réduire ses coûts et d’encourager l’initiative. Enfin, la colonisation libre, soutenue par des garanties institutionnelles, est présentée comme la voie la plus féconde pour assurer durablement la prospérité et la consolidation politique de l’Algérie française.
