Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Le royaume d'Alger sous le dernier dey

RINN Louis
publié en 1900

L’ouvrage analyse l’organisation politique et territoriale du royaume d’Alger à la veille de 1830, sous l’autorité du dernier dey, Hocine. Il montre d’abord que la convention du 5 juillet 1830 ne concernait juridiquement que la ville d’Alger et ses dépendances immédiates, l’autorité du dey ne s’étendant pas uniformément sur l’ensemble du territoire compris entre le Maroc et la Tunisie.

Le pouvoir turc reposait sur une structure hiérarchisée et inégale. On distinguait d’abord le domaine directement administré par le dey (Dar-es-Soltane), puis les trois beyliks de Titri, d’Oran et de Constantine, confiés à des beys. Toutefois, l’emprise réelle des Turcs était limitée. Sur environ 48 millions d’hectares que la France administre à la fin du XIXᵉ siècle, à peine 7 à 8 millions relevaient effectivement, en 1830, de l’autorité directe turque.

La population se répartissait en plusieurs catégories. Les rayât constituaient les sujets imposables et corvéables. Le makhzen regroupait les agents du pouvoir : guerriers, fonctionnaires, fermiers et bénéficiaires d’apanages, vivant des prélèvements sur les rayât. À côté de ces groupes soumis existaient des ensembles indépendants (républiques kabyles, tribus sahariennes) couvrant plus de 35 millions d’hectares, ainsi que des tribus alliées ou vassales, liées par des accords variables, souvent comparables à des rapports féodaux.

Le pouvoir turc, incapable de soumettre durablement les grandes confédérations, recourait à l’alliance, à la division des familles dirigeantes et à l’octroi de privilèges. L’autorité s’exerçait davantage sur les personnes que sur des territoires précisément délimités, les frontières prenant la forme de zones neutres plutôt que de lignes fixes.

L’ouvrage détaille enfin l’organisation militaire et administrative des différents beyliks, la répartition des garnisons, des caïdats et des groupes makhzen, soulignant la diversité des statuts locaux. Il met en évidence le contraste entre l’image d’un État unifié et la réalité d’un ensemble composite, où coexistaient domination directe, suzerainetés fluctuantes et larges espaces autonomes.