Des Maladies qui règnent le plus souvent chez les Européens, dans la circonscription médicale de Penthièvre (Algérie)
QUANTIN Em.
Ce mémoire présente une étude clinique des maladies observées chez les Européens établis dans la circonscription médicale de Penthièvre, en Algérie, au milieu du XIXᵉ siècle. L’auteur expose d’abord le cadre démographique et environnemental : une population européenne restreinte, composée de Français, Allemands, Anglo-Maltais, Italiens et Espagnols, installée dans deux villages distincts par leur topographie (haut et bas pays). Le climat se caractérise par des hivers humides et pluvieux, des étés très chauds marqués par le sirocco, et des variations thermiques brusques. La présence d’eaux stagnantes favorise les émanations jugées responsables de certaines affections.
L’étude classe les maladies en quatre groupes principaux : fièvres intermittentes, affections respiratoires, maladies digestives et maladies oculaires.
Les fièvres intermittentes dominent, surtout en été et en automne. Elles sont attribuées aux miasmes issus des eaux stagnantes et aux fortes chaleurs. Le traitement repose essentiellement sur le sulfate de quinine, administré après évacuation gastrique si nécessaire. L’auteur insiste sur l’intérêt prophylactique du quinquina à forte dose pour accroître la « résistance vitale ». Des mesures d’assainissement, comme l’écoulement des eaux stagnantes, sont préconisées.
Les maladies respiratoires, fréquentes lors des pluies et des changements brusques de température, comprennent rhumes et fluxions de poitrine. Le traitement associe médication expectorante, vésicatoires et, dans certains cas, tartre stibié. Les mesures préventives relèvent surtout de l’hygiène vestimentaire.
Les affections digestives, communes en climat chaud, incluent embarras gastriques et intestinaux, diarrhées et dysenteries. Les causes évoquées sont alimentaires et climatiques. Les traitements combinent vomitifs, purgatifs doux (huile de ricin), régime léger et, pour les formes graves de dysenterie, opium et applications émollientes.
Enfin, les maladies des yeux, notamment les blépharites conjonctivales et ciliaires, sont décrites avec précision anatomique. Le traitement fait appel aux lotions, collyres au sulfate de zinc ou de cuivre, et au nitrate d’argent.
