Géographie physique et politique de l'Algérie
FILLIAS Achille
L’organisation géographique et administrative de l'Algérie à la fin du XIXe siècle repose sur une structure duale, distinguant les zones de colonisation civile des vastes territoires sous autorité militaire. Cette configuration reflète une volonté de modernisation progressive d'un pays aux reliefs contrastés, s'étendant du littoral méditerranéen jusqu'aux confins du Sahara.
Sur le plan physique, le territoire se divise en trois zones naturelles : le Tell, région littorale fertile et montagneuse propice à l'agriculture ; les Hauts Plateaux, steppes d'altitude dédiées au parcours des troupeaux ; et enfin le Sahara, dont l'immensité commence au-delà de l'Atlas saharien. Le réseau hydrographique, caractérisé par des oueds au débit irrégulier, conditionne l'implantation humaine et le développement des cultures, nécessitant des travaux d'irrigation constants.
Politiquement, le pays est organisé en trois départements (Alger, Oran et Constantine), calqués sur le modèle français. Les communes de plein exercice, où s'applique le droit civil, côtoient les communes mixtes et les territoires dits « de commandement ». Cette administration cherche à encadrer les populations rurales tout en favorisant l'essor des centres urbains. Les villes, en pleine transformation, se dotent d'infrastructures modernes — ports, chemins de fer et bâtiments publics — qui les connectent aux réseaux commerciaux mondiaux.
En somme, l'Algérie de cette époque se présente comme un territoire en pleine mutation. Entre l'exploitation des ressources naturelles (céréales, vignes, mines) et la mise en place d'un appareil d'État structuré, elle constitue un ensemble complexe où la géographie physique dicte les limites de l'action politique. Cette organisation visait à stabiliser une région charnière entre l'Afrique et l'Europe, tout en jetant les bases d'un développement économique et administratif durable.
