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Géographie comparée de la partie de la Mauritanie césarienne correspondant à la Province d'Oran

DEMAEGHT L.
publié en 1888

L’étude de la géographie comparée de la partie centrale de l’Afrique du Nord, centrée sur l’actuelle province d’Oran, met en lumière la permanence des structures territoriales depuis l’Antiquité jusqu’au milieu du XIXe siècle. Cette analyse repose sur la confrontation systématique des vestiges archéologiques romains avec la topographie moderne, permettant de restituer une continuité historique entre l’ancienne Maurétanie Césarienne et l’organisation administrative contemporaine.

Le territoire se caractérise par une armature urbaine et routière dont les fondements remontent à l’Empire romain. Les anciennes colonies et municipes, tels que Caesarea ou Pomaria, correspondent souvent aux centres de population actuels, prouvant que les choix d'implantation ont toujours été dictés par des contraintes géographiques immuables : la présence de sources d'eau, la fertilité des plaines littorales et la protection offerte par les reliefs de l'Atlas. Le réseau des voies romaines, dont les tracés sont encore identifiables par les bornes milliaires et les ruines de castella (fortins), dessinait déjà les grands axes de communication reliant le littoral aux hautes plaines steppiques.

L’examen des ruines, des inscriptions et de la nomenclature locale permet de redéfinir les frontières historiques et les limites des anciennes provinces. Cette archéologie spatiale démontre que la prospérité antique reposait sur une maîtrise avancée de l'hydraulique, comme en témoignent les vestiges d'aqueducs et de citernes retrouvés dans des zones aujourd'hui arides. La distribution des fermes fortifiées et des stations militaires indique une gestion rationnelle de l'espace, visant à sécuriser les zones agricoles contre les incursions des populations nomades du Sud.

En somme, la géographie comparée révèle que l'aménagement du territoire n'est pas une création ex nihilo, mais le prolongement d'une occupation millénaire. Cette approche scientifique offre une clé de lecture indispensable pour comprendre l'évolution des paysages et la sédentarisation des populations. Elle souligne que, malgré les ruptures politiques, la structure physique du sol et l'héritage des infrastructures antiques demeurent les piliers de l'organisation sociale et économique de cette région méditerranéenne.