Géologie du Sahel d'Alger
DELAGE Auguste
L’étude géologique du Sahel d’Alger révèle une structure d’une grande complexité, témoignant de l'histoire mouvementée de la croûte terrestre dans le bassin méditerranéen. Ce massif, qui s'étend en bordure de la Mitidja, constitue un terrain d'observation privilégié où se superposent des formations allant de l'ère primaire à l'époque quaternaire. L'architecture du sol y est déterminée par une série d'étages sédimentaires et d'intrusions éruptives qui ont façonné le relief actuel.
Le socle de la région est formé de terrains azoïques, composés principalement de schistes et de micaschistes, surmontés localement de cipolins. Ces formations anciennes ont subi d'importantes métamorphoses avant de servir de base aux dépôts secondaires et tertiaires. Le système crétacé y est représenté par des étages cénomaniens et sénoniens, mais c'est surtout la période tertiaire qui définit l'identité géologique du Sahel. L'Éocène nummulitique, suivi du Miocène — avec ses phases cartennienne, helvétienne et sahelienne — montre une alternance de dépôts marins profonds, tels que les marnes bleues, et de sédiments plus grossiers comme les molasses calcaires.
Un trait marquant de cette géologie réside dans la présence de roches éruptives, notamment des labradorites et des tufs, qui ont traversé les couches sédimentaires. Ces phénomènes volcaniques ont localement modifié la structure des roches environnantes, créant des gisements minéraux spécifiques. Enfin, les formations quaternaires, comprenant des alluvions anciennes et des dépôts de plage soulevés, attestent des variations récentes du niveau de la mer et des derniers mouvements de soulèvement du massif.
En conclusion, la compréhension du Sahel d'Alger repose sur la lecture de ces archives de pierre. La diversité des fossiles rencontrés dans les couches néogènes permet de reconstituer avec précision les paléoclimats et les anciens environnements marins. Cette connaissance du sous-sol n'est pas seulement théorique ; elle fournit les données essentielles pour l'étude de la stabilité des sols et la gestion des ressources naturelles de la région algéroise, confirmant le rôle central de la géologie dans l'analyse de l'évolution des paysages littoraux.
