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Recherches stratigraphiques et paléontologiques sur quelques formations d'eau douce de l'Algérie

THOMAS Philippe
publié en 1884

L’étude des formations d’eau douce en Afrique du Nord, particulièrement sur le territoire algérien, révèle une histoire géologique et biologique d'une grande richesse, marquée par des transitions environnementales majeures. Ces dépôts sédimentaires, qui se sont accumulés entre les différents plissements de l'Atlas, constituent des archives naturelles permettant de reconstituer les paysages et les climats disparus, de l'ère tertiaire jusqu'à l'époque quaternaire.

L'analyse stratigraphique montre que ces formations ne sont pas uniformes mais résultent de phénomènes locaux liés aux soulèvements montagneux. Elles se composent souvent de calcaires lacustres, de marnes et de grès, déposés dans d'anciens bassins ou lagunes. Ces milieux, autrefois humides et verdoyants, ont favorisé le développement d'une faune et d'une flore diversifiées. Les recherches paléontologiques ont ainsi mis au jour de nombreux vestiges, notamment des mollusques fluviatiles et une mégafaune impressionnante.

La présence de restes de grands mammifères tels que des rhinocéros, des hippopotames et des camélidés dans des couches aujourd'hui situées dans des zones arides témoigne de variations climatiques considérables. Ces découvertes permettent de suivre l'évolution des espèces et leur adaptation aux modifications de leur habitat. L'étude des dépôts quaternaires récents, comme ceux des oueds et des oasis, montre une continuité dans l'occupation biologique de la région, tout en soulignant la fragilité de ces écosystèmes face à l'assèchement progressif du milieu.

En conclusion, la compréhension de ces formations d'eau douce est essentielle pour saisir la dynamique géologique de l'Atlas. Elles offrent un aperçu unique sur la biodiversité passée et sur les forces naturelles qui ont façonné le relief nord-africain. Ce travail de classification et d'analyse des couches terrestres permet non seulement de dater les mouvements de l'écorce terrestre, mais aussi de mieux appréhender les cycles climatiques de longue durée qui régissent l'équilibre environnemental de cette partie du bassin méditerranéen.