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Les anciennes lignes de rivage du Sahel d'Alger et d'une partie de la côte algérienne

De LAMOTHE(général)
publié en 1911

L’étude des anciennes lignes de rivage du Sahel d’Alger et d’une partie du littoral algérien apporte un éclairage scientifique déterminant sur les variations du niveau de la mer et les mouvements de l’écorce terrestre à travers les âges géologiques. Loin d’être stable, le profil côtier est le résultat d’une dynamique complexe où se superposent des phénomènes d’abrasion marine, de sédimentation et d’exhaussement tectonique.

L’analyse repose sur l’identification de terrasses marines étagées, véritables gradins naturels formés par l’action prolongée de la mer à différentes époques. Ces plates-formes d’abrasion, souvent recouvertes de dépôts quaternaires ou de poudingues fossilifères, se retrouvent à des altitudes constantes le long de la côte, notamment aux niveaux de 15, 30, 60, et jusqu’à plus de 100 mètres. Cette régularité suggère que le littoral a connu des phases de repos prolongées alternant avec des périodes de retrait marin ou de soulèvement du sol.

La comparaison entre ces terrasses littorales et les profils longitudinaux des cours d'eau du Sahel, tels que l’oued Beni Messous, révèle une corrélation étroite. Les anciennes lignes de rivage correspondent à d’anciens niveaux de base vers lesquels les fleuves ont ajusté leur pente, créant des systèmes de terrasses fluviatiles synchrones des plages soulevées. Cette étude permet de reconstituer avec précision la chronologie des cycles climatiques et eustatiques qui ont marqué le bassin méditerranéen occidental.

En conclusion, la morphologie actuelle du Sahel d’Alger est le produit d’une histoire géologique où la mer a joué le rôle de sculpteur principal. La mise en évidence de ces niveaux marins successifs offre une clé de lecture indispensable pour l’étude de la stabilité des côtes et la compréhension des paysages quaternaires. Ce travail de synthèse cartographique et stratigraphique démontre que la ligne de contact entre la terre et l'eau est une frontière mouvante, dont les traces anciennes demeurent inscrites de façon permanente dans le relief côtier algérien.