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Les territoires du sud de l'Algérie. Tome 2

Gouvernement général de l'Algérie
publié en 1929

L’organisation et la mise en valeur des Territoires du Sud de l’Algérie durant les trois premières décennies du XXe siècle marquent une étape majeure dans l’administration des zones sahariennes. Cette période est définie par la mise en place, en 1902, d'un statut d'autonomie administrative et financière, permettant de répondre aux défis spécifiques de ces immensités arides. L’œuvre accomplie repose sur un effort de structuration qui transforme progressivement ces confins en un ensemble intégré et fonctionnel.

L’administration des Territoires du Sud s’articule autour de quatre grandes divisions — Ghardaïa, Aïn-Sefra, Colomb-Béchar et les Oasis — où l’autorité s’exerce par une coordination étroite entre les services civils et les structures militaires. Cette organisation a permis d’assurer une sécurité durable, condition préalable au développement économique. L’effort de modernisation s’est concentré sur deux axes vitaux : la maîtrise de l’eau et l’extension des voies de communication. Le forage de puits artésiens et l’aménagement des palmerais ont permis de sédentariser des populations et de revitaliser l’économie oasienne, tandis que le rail et la piste ont commencé à briser l'isolement du Sahara.

Sur le plan social, l’action se traduit par la création d'un maillage sanitaire et scolaire adapté au nomadisme et à l’éloignement. Les services médicaux, souvent mobiles, luttent contre les endémies locales, tandis que l’enseignement cherche à concilier les savoirs modernes et les réalités pastorales. Parallèlement, l’inventaire des richesses minérales et l’étude systématique des sols ouvrent des perspectives nouvelles pour l’industrie et l’agriculture.

En somme, la gestion de ces territoires entre 1903 et 1929 illustre une volonté de rationalisation de l’espace désertique. Ce modèle de gouvernance, fondé sur l’autonomie budgétaire, a permis de transformer des régions autrefois délaissées en un laboratoire d’aménagement du territoire. Cette œuvre de longue haleine a jeté les bases d'une structure administrative pérenne, faisant du Sahara non plus une barrière, mais un espace d'échanges et de ressources en pleine mutation.