Histoire de l'Algérie et des autres états barbaresques depuis les temps les plus reculés jusqu'à ce jour
de Vinchon (Mr le baron)
publié en 1839
Synthèse historique : L’Algérie et l'expédition de 1830
L’histoire de la Régence d’Alger est marquée par une succession de dominations étrangères avant l'intervention française de 1830. Longtemps disputé entre Romains, Vandales et Grecs, le territoire passe ensuite sous influence arabe, morcelé en districts dirigés par des cheiks. Au XVIe siècle, l'arrivée du corsaire Barberousse bouleverse l'équilibre régional : il s'impose par la force, élimine les chefs locaux et finit par placer les provinces algériennes sous la suzeraineté de l'Empire ottoman pour consolider son pouvoir. Dès lors, Alger devient un centre névralgique de la piraterie méditerranéenne, provoquant durant des siècles de multiples expéditions punitives menées par l'Espagne, la France ou l'Angleterre.
Au début du XIXe siècle, malgré les bombardements de lord Exmouth en 1816 visant à abolir l'esclavage des chrétiens, la Régence maintient ses activités. Les tensions avec la France s'exacerbent autour d'un contentieux financier remontant aux guerres napoléoniennes. Le point de rupture survient le 30 avril 1827, lorsque le Dey Hussein, lors d'une audience solennelle, frappe le consul français avec son chasse-mouches. Cet affront diplomatique conduit la France à instaurer un blocus maritime, lequel s'avère coûteux et inefficace.
Face à l'obstination du Dey et à la violation des lois de la guerre, le gouvernement français opte pour une expédition terrestre en 1830. Le débarquement a lieu le 14 juin à Sidi-Ferruch, suivi de la bataille décisive de Staouéli le 19 juin. Le 5 juillet 1830, Alger capitule, et le Dey Hussein est contraint à l'exil. L'occupation, initialement limitée à la capitale, s'étend progressivement vers l'intérieur des terres, se heurtant à la résistance des tribus locales, notamment sous l'impulsion d'Abd-el-Kader, et culminant avec la prise de Constantine en 1837.
Conclusion
Le passage de la domination ottomane à l'administration française en 1830 marque la fin d'un système politique fondé sur la piraterie barbaresque et le début d'une nouvelle ère d'influence européenne en Afrique du Nord, caractérisée par une extension militaire complexe et une restructuration profonde de la gouvernance locale.