Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Histoire de l'Algérie française. Tome 2

Leynadier & Claudel
publié en 1848

Une conquête entre hésitations et expansion

Le débarquement français à Sidi-Ferruch en juin 1830 et la chute d'Alger le 5 juillet mettent fin à trois siècles de domination ottomane. Cependant, les premières années sont marquées par une grande instabilité politique et militaire. Faute d'un projet colonial clairement défini à Paris, les gouverneurs successifs oscillent entre une occupation restreinte au littoral et une volonté d'extension vers l'intérieur. Cette indécision fragilise l'autorité française : les populations locales, un temps frappées par la rapidité de la victoire initiale, perçoivent ces hésitations comme un signe de faiblesse.

L’émergence d'Abd-el-Kader et la résistance structurée

C'est dans ce contexte d'anarchie qu'émerge la figure d'Abd-el-Kader. Proclamé émir en 1832 à Mascara, il parvient à fédérer de nombreuses tribus sous la bannière de la guerre sainte. Son autorité se consolide au fil des affrontements, notamment après le désastre français de la Macta en 1835, où une colonne française subit une défaite sanglante. Malgré les expéditions de Mascara et de Tlemcen menées par le maréchal Clausel, la puissance de l'émir reste menaçante. La signature du traité de la Tafna en 1837 lui reconnaît officiellement une souveraineté sur une grande partie de l'Algérie occidentale, lui laissant le champ libre pour organiser un véritable État.

Le tournant de Constantine

Parallèlement, le front de l’Est reste disputé. Après l'échec d'une première expédition en 1836, l'armée française s'empare de Constantine en octobre 1837 au prix de combats meurtriers. Cette victoire permet à la France d'asseoir son autorité sur la province orientale et de compenser les concessions territoriales accordées à Abd-el-Kader à l'Ouest.

Conclusion L’année 1837 clôt une première phase d'incertitudes : la prise de Constantine et le traité de la Tafna stabilisent provisoirement la situation. Néanmoins, cet équilibre reste précaire, posant les bases d'un affrontement prolongé pour la souveraineté totale du territoire algérien.