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Rapport sur l'épidémie de Choléra dans la Province de Constantine

Lacassagne Alexandre Professeur agrégé du Val de grâce)
publié en 1876

L'épidémie de choléra qui a sévi dans la province de Constantine durant les années 1873 et 1874 se caractérise par une progression géographique précise, trouvant son origine dans le bassin de l'Oued-Kébir. Le foyer initial, identifié dans les cercles d'El-Milia et de Milah sur le territoire militaire, s'est manifesté dès octobre 1873, notamment lors de rassemblements sociaux tels que des mariages.

Le développement de la maladie peut être décomposé en trois phases distinctes. La première période voit le fléau toucher principalement les populations indigènes des deux rives de l'Oued-Kébir. Malgré une accalmie relative espérée fin novembre, la maladie persiste et entame une migration vers le sud. Durant la deuxième phase, l'épidémie gagne le territoire civil à la fin du mois de décembre 1873. Elle frappe avec une intensité variable des localités comme Koubounia — où la mortalité fut effroyable — ainsi que les environs de Constantine, touchant brièvement la population israélite de la ville avant de s'y interrompre.

La troisième période, au début de l'année 1874, marque un changement de comportement du virus : celui-ci se fixe de manière prolongée dans des foyers localisés, comme à la Mechta des Ouled-Ouarzeg. Dans ce village de tentes et de gourbis, situé sur la rive gauche de l'Oued-Smendou, la maladie a emporté plus du tiers des habitants, créant un centre de contamination actif menaçant de s'étendre aux régions voisines.


Conclusion : Ce rapport met en lumière le rôle déterminant des conditions locales et des mouvements de population dans la propagation du choléra, soulignant la difficulté des autorités sanitaires de l'époque à contenir un fléau dont la marche oscillait entre errance géographique et ancrage meurtrier dans des foyers isolés.