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Histoire de l'établissement des arabes dans l'Afrique septentrionale

Mercier Ernest
publié en 1875

Cette synthèse retrace l'évolution sociopolitique de l'Afrique du Nord, de l'expansion arabe au XIe siècle jusqu'au crépuscule de la régence d'Alger au XIXe siècle.

L’onde de choc hilalienne et la mutation identitaire

Le tournant majeur de l'histoire régionale survient au milieu du XIe siècle avec l'invasion des tribus nomades Hilal et Soléïm. Envoyés par le calife fatimide pour châtier des vassaux rebelles, ces guerriers modifient durablement l'équilibre démographique. Leur progression, comparée par les chroniqueurs à une nuée de sauterelles, brise les structures sédentaires et entraîne la ruine de cités prospères. Cette pression nomade force les populations berbères autochtones soit à s'arabiser par alliance, soit à se replier vers les massifs montagneux et les zones préservées.

Un espace de confrontations dynastiques

Entre les XIIe et XVe siècles, le territoire devient le théâtre de luttes incessantes entre grandes dynasties. Les Almohades, puis leurs successeurs Hafsides (Tunis), Zianites (Tlemcen) et Mérinides (Fès), tentent d'imposer une unité précaire. Ces pouvoirs centraux, souvent fragiles, s'appuient sur les tribus arabes pour asseoir leur autorité, leur concédant des territoires en échange de contingents militaires. Ce système de clientélisme favorise l'instabilité : les retournements d'alliances tribales provoquent fréquemment la chute de souverains et le morcellement des empires.

L'émergence de la domination turque

Au début du XVIe siècle, l'irruption des frères Barberousse marque une nouvelle ère. Pour contrer l'expansion espagnole sur le littoral, ces corsaires placent la région sous la suzeraineté de Constantinople. L'Empire ottoman instaure alors une structure étatique rigide où une élite militaire, les janissaires, domine une mosaïque de peuples. Ce régime, bien que favorisant une certaine mobilité sociale interne, maintient une barrière culturelle avec l'Occident, figée par un conservatisme religieux influent.

Conclusion

L'histoire de cette région se définit par une tension constante entre l'apport nomade arabe et les structures de gouvernance impériales. Cette dynamique a forgé une identité complexe, marquée par une organisation sociale tribale résiliente sous le vernis des administrations centrales successives.