Histoire de la France et de Napoléon Bonaparte. De 1799 à 1815
Thibadeau A. C.
La politique de Napoléon à l’égard de l’Algérie, encore sous domination ottomane au début du XIXᵉ siècle, s’inscrit dans une réflexion stratégique plus large sur la Méditerranée. Dans le prolongement de l’expédition d’Égypte, l’espace nord-africain apparaît comme un enjeu à la fois militaire, commercial et politique. L’objectif est double : affaiblir les positions britanniques en Méditerranée et sécuriser les routes maritimes tout en ouvrant de nouveaux débouchés économiques.
Les relations avec la Régence d’Alger restent cependant marquées par une logique diplomatique prudente, alternant tensions et tentatives d’accords. Le pouvoir consulaire, puis impérial, privilégie des moyens indirects, fondés sur l’influence et la négociation, plutôt qu’une intervention militaire immédiate. Cette orientation s’explique par les priorités européennes de la France, mobilisée sur plusieurs fronts, et par la nécessité de stabiliser d’abord le continent.
Par ailleurs, l’intérêt porté à l’Algérie se manifeste par une attention accrue aux questions commerciales, notamment en matière d’approvisionnement et de sécurité maritime. La lutte contre la course en Méditerranée constitue un enjeu récurrent, tout comme la volonté de garantir des relations régulières avec les autorités locales. Toutefois, ces initiatives demeurent limitées et ne débouchent pas sur une politique d’occupation.
Ainsi, la période napoléonienne prépare davantage un cadre d’analyse et d’intérêt stratégique qu’une action directe en Afrique du Nord.
Conclusion : La politique algérienne de Napoléon se caractérise par une approche indirecte et prudente, où les considérations géopolitiques et commerciales priment sur toute entreprise de conquête immédiate.
