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Histoire des Berbères par Ibn-Khaldoun. Tome 3

de Slane M. (baron)
publié en 1856

Synthèse du rétablissement de l’autorité hafside et de l’invasion mérinide en Ifrikïa (XIVe siècle)

Sous le règne du sultan hafside Abou Yahya Abou Bekr, l’Ifrikïa (Tunisie actuelle) connaît une phase de reconquête visant à restaurer l’autorité centrale face aux insubordinations locales. Le sultan parvient à soumettre le Djerid en 1334, reprenant la ville de Gafsa aux mains de chefs usurpateurs et y installant son fils, l’émir Abou l’Abbas. Cette période est marquée par une réorganisation administrative où le souverain place ses fils à la tête des provinces stratégiques (Sousse, Mahdia, Constantine, Bougie), assistés par des chambellans et des conseillers influents, souvent issus de grandes familles andalouses ou almohades.

Toutefois, la stabilité reste précaire. Les tribus arabes nomades, notamment les Beni Soleim et les fils de Hamza Ibn Omar, alternent entre soumission et révoltes sanglantes, menaçant parfois Tunis. En 1346, la mort subite du sultan Abou Bekr déclenche une crise de succession. Bien qu'Abou l’Abbas soit l’héritier désigné, son frère Abou Hafs s’empare du trône à Tunis. La guerre fratricide qui s’ensuit voit l’exécution d’Abou l’Abbas et de ses frères, plongeant le royaume dans le chaos.

Cette vulnérabilité attire l'ambition du sultan mérinide de Fès, Abou l’Hacen. En 1347, prétextant venger l'héritier légitime, il lance une invasion massive. Il conquiert Bougie, Constantine, puis Tunis, unifiant temporairement le Maghreb. Mais son autorité s'effondre dès 1348 après une défaite majeure contre les tribus arabes près de Kairouan. Ce revers permet aux princes hafsides survivants et aux chefs locaux de reprendre le contrôle de leurs fiefs respectifs, marquant l'échec de l'unification mérinide.

Conclusion Ce récit illustre la lutte permanente entre les dynasties sédentaires et les tribus nomades, où la stabilité d'un empire dépendait autant de la cohésion de la famille régnante que de la capacité à contrôler les alliances mouvantes des chefs de guerre provinciaux.