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Histoire des Berbères par Ibn-Khaldoun. Tome 4

de Slane M. (baron)
publié en 1856

L’histoire des tribus berbères du Maghreb central, telle que relatée par Ibn Khaldoun, est marquée par une lutte constante pour le territoire, le pouvoir et l’autonomie face aux grandes dynasties. Au cœur de ce récit figurent les Beni-Rached et les Beni-Toudjin, deux branches issues de la souche des Zenata.

Les Beni-Rached, alliés historiques des Beni-Abd-el-Ouad, se sont imposés dans le Maghreb central en expulsant d'autres tribus des plaines pour s'établir dans les montagnes qui portent leur nom. Leur structure politique, dominée par la famille des Beni-Amran, a été fragilisée par des scissions internes et des rivalités de succession. Bien qu'ils aient longtemps résisté, ils ont fini par se soumettre aux dynasties dominantes, comme les Mérinides et les Abd-el-Ouadites, perdant leur autonomie pour devenir tributaires.

Parallèlement, les Beni-Toudjin ont exercé une souveraineté notable sur les rives du Chelif et dans l’Ouarsenis. Sous l’impulsion de chefs comme Abd-el-Caouï, ils ont bâti un véritable royaume nomade, oscillant entre le Tell et le désert. Leur histoire est celle d'un équilibre précaire entre les puissances Hafsides de Tunis et les Mérinides du Maroc. Cependant, les luttes fratricides pour le pouvoir et la pression croissante des tribus arabes nomades (tels que les Soueid) ont provoqué leur déclin. Les Toudjin, autrefois maîtres de vastes plaines, ont vu leurs territoires confisqués et leurs populations réduites à la condition de serfs ou de mercenaires au service des sultans de Tlemcen.

Conclusion La trajectoire de ces tribus illustre la transition du Maghreb médiéval vers une domination arabe et étatique, où les anciennes confédérations berbères, épuisées par leurs divisions, ont cédé la place à des structures administratives centralisées et à l'influence des nomades hilaliens.