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Histoire des prisonniers français en Afrique depuis la conquête. Tome 2

Alby Ernest
publié en 1849

Cette synthèse retrace les épreuves des prisonniers français capturés en Algérie vers 1837, en suivant plus particulièrement leur transfert éprouvant de Mascara vers Milianah.

Un calvaire marqué par le froid et la faim

Le récit s'ouvre sur le retour à Mascara de deux captifs italiens, Francesco et Crescenco, qui rejoignent leurs compagnons dans un état de dénuement extrême. Ils relatent les conditions inhumaines vécues à Tekedemta : un travail forcé du lever au coucher du soleil, une nourriture dérisoire et les rigueurs d'un hiver glacial. Ce climat impitoyable a coûté la vie à l'un de leurs camarades, Berthoumiau, mort de froid sous les yeux de ses amis impuissants.

La marche vers Milianah : entre hostilité et accueil

Intégrés à un échange de prisonniers, les captifs entament un voyage vers le nord. Le convoi, composé de militaires, de civils — dont une cantinière, Mme Laurent — et d'un jeune mousse, Benedito, traverse des paysages sauvages et des villages comme El-Borgj. Le voyage est ponctué de tensions :

  • L'aliénation culturelle : Le jeune Benedito, totalement acculturé, rejette ses origines et traite ses compatriotes de « chiens de chrétiens ».

  • L'insécurité : La caravane manque d'être pillée par des cavaliers nomades, sauvée in extremis par le sauf-conduit de l'émir.

  • Contrastes d'accueil : Si certaines étapes sont marquées par la violence des habitants, les prisonniers reçoivent une hospitalité généreuse de la part de l'aga de la plaine de Milianah, qui leur offre café et nourriture.

Milianah, l'attente et le désespoir

À leur arrivée à Milianah, ville décrite comme active mais marquée par une hiérarchie sociale rigide (où la communauté juive subit une profonde abjection), les prisonniers sont enfermés dans une écurie, puis dans la maison de justice. L'espoir d'une libération rapide s'émousse face aux lenteurs administratives et aux exigences des autorités locales. La maladie et l'épuisement gagnent les rangs, tandis que la figure de déserteurs français passés au service de l'ennemi, comme le célèbre Moussa (alias Moncel), vient souligner la complexité des destins individuels dans ce conflit.


Conclusion : Cette chronique souligne la fragilité de la condition humaine en temps de guerre, où la survie des captifs dépend autant de la clémence aléatoire des chefs locaux que de leur propre résilience face à une nature et une captivité hostiles.