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Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain. d'Edouard Gibbon. Tome 2

Guizot F
publié en 1878

En l'an 226 de notre ère, une révolution majeure bouleverse l'Orient : Artaxercès (ou Ardshir) renverse la dynastie des Parthes pour fonder celle des Sassanides. Se présentant comme l'héritier légitime des anciens rois de Perse, il entreprend de restaurer la splendeur de l'empire de Cyrus.

Cette restauration repose sur deux piliers : la religion et l'administration. Artaxercès rétablit le culte de Zoroastre, fondé sur le dualisme entre le bien (Ormuzd) et le mal (Ahriman). Il convoque un conseil de mages pour fixer les dogmes et unifier les soixante-dix sectes existantes. Si cette religion encourage l'agriculture et les vertus morales, elle se montre également intolérante, persécutant les cultes étrangers pour cimenter l'unité nationale.

Sur le plan politique, le souverain abolit le système féodal des Parthes au profit d'une administration centralisée et vigoureuse. Il revendique alors les anciennes limites de l'empire, exigeant des Romains qu'ils abandonnent l'Asie. Malgré des récits de victoires impériales parfois embellis par la flatterie, les guerres contre Rome, notamment sous Alexandre-Sévère, s'avèrent épuisantes pour les deux puissances. L'armée perse, bien que dépourvue d'infanterie solide et de techniques de siège, s'appuie sur une noblesse cavalière d'élite, éduquée dans le culte de l'honneur et du courage.


Conclusion : Artaxercès a transformé une mosaïque de vassaux en un État théocratique et centralisé. Son règne marque le début d'une rivalité séculaire entre la Perse sassanide et l'Empire romain, redéfinissant durablement l'équilibre géopolitique de l'Antiquité tardive.