Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés. Tome 2
Mercier Ernest
Avant l'invasion hilalienne, la Berbérie est morcelée. Les tribus Sanhadja (Zirides et Hammadites) dominent le centre et l'est, tandis que les Zénètes luttent pour le pouvoir à l'ouest. L'auteur souligne que les anciennes populations autochtones voient leur hégémonie s'effriter au profit de nouvelles tribus venues du Sud ou de l'Orient.
L'événement central est la rupture du prince ziride El-Moëzz avec le califat fatimide du Caire. En représailles, le calife lance les tribus arabes nomades Beni-Hilal et Beni-Soleïm sur le Maghreb. Malgré une tentative de résistance, El-Moëzz est vaincu à la bataille de Haïderane (1053). Cette invasion entraîne le pillage de la Tunisie, la ruine de Kairouan et une arabisation profonde et durable de la région.
Dans l'extrême Sud, une nouvelle force surgit : les Almoravides. Sous l'impulsion religieuse d'Ibn-Yacine, ces moines-soldats sanhadjiens du désert conquièrent le Maroc actuel. Youssef-ben-Tachefine fonde la ville de Maroc (Marrakech) en 1062 et unifie le Maghreb extrême sous un empire rigoriste.
Parallèlement, la Méditerranée voit le retour des puissances chrétiennes. En Sicile, les dissensions entre chefs musulmans facilitent la conquête par les Normands, menés par Robert Guiscard et son frère Roger. Après des années de lutte, la prise de Palerme en 1071 marque la fin de la domination musulmane sur l'île.
Conclusion Cette période de l'histoire nord-africaine se définit par une triple mutation : l'irruption massive de l'élément arabe hilalien, l'unification de l'ouest par les Almoravides et le début de la reconquête chrétienne en Sicile, préfigurant les futurs équilibres géopolitiques du bassin méditerranéen.
