Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés. Tome 3
Mercier Ernest
Au début du XVIe siècle, la Berbérie traverse une phase de transition brutale marquée par l'effondrement des anciens empires indigènes (Hafsides, Mérinides, Zeyanites). Les dynasties berbères, affaiblies par des siècles de guerres intestines et la fragmentation de l'unité raciale, ne conservent qu'une autorité nominale. Le pays s'émiette en une multitude de petites royautés indépendantes et de fiefs féodaux où l'influence des marabouts et des confréries religieuses (Soufisme) supplante celle des souverains déchus. Profitant de cette anarchie, les puissances chrétiennes (Espagne et Portugal) s'emparent de points stratégiques sur le littoral, menaçant l'Islam en Afrique du Nord.
C’est dans ce contexte que surgissent les frères Barberousse. Appelée par les populations locales pour chasser les Espagnols, l'intervention turque transforme radicalement la région. Aroudj, après s'être emparé d'Alger et avoir éliminé les chefs locaux, périt en 1518 face aux Espagnols. Son frère, Kheïr-ed-Dine, stabilise la situation en faisant hommage du pays au sultan ottoman Selim Ier. Ce ralliement politique lui apporte le soutien militaire nécessaire pour repousser les expéditions espagnoles, notamment celle de Charles-Quint devant Tunis en 1535. Bien que l'empereur parvienne à rétablir temporairement un protectorat sur Tunis au prix d'un sac sanglant, l'autorité turque s'implante durablement, structurant une nouvelle administration et sécurisant les ports.
Conclusion : Le XVIe siècle consacre l'échec de la résistance nationale berbère et de la reconquête chrétienne, laissant place à une domination ottomane qui, bien que perçue comme étrangère, rétablit une forme d'unité et de sécurité sous l'égide de l'Islam pour les trois siècles à venir.
