Insurrection survenue dans le sud de la province de Constantine en 1849. Relation du siège de Zaatcha
Herbillon (général)
L'insurrection des Ziban et le siège de Zaatcha (1849)
En 1849, le sud de la province de Constantine, et plus particulièrement la région des oasis appelée les Ziban, est le théâtre d'un soulèvement majeur contre l'autorité française. Ce mouvement, bien que s'inscrivant dans un contexte de tensions locales, prend une dimension nouvelle sous l'impulsion de Bouzian, un habitant de l'oasis de Zaatcha qui se proclame chérif et prêche la guerre sainte.
Le point de bascule survient lorsque les habitants de Zaatcha s'opposent par les armes à l'arrestation de Bouzian. Initialement perçu comme un incident local, le conflit s'envenime à la suite de l'échec d'une première tentative de répression menée par le colonel Carbuccia en juillet 1849. Ce revers encourage la propagation de la révolte aux tribus voisines et aux populations nomades du Sahara.
Face à l'ampleur de l'insurrection, une colonne expéditionnaire d'envergure est organisée sous le commandement du général Herbillon. Les opérations militaires débutent véritablement à l'automne, une fois les fortes chaleurs passées. Le siège de Zaatcha devient le cœur du conflit. Le village, entouré d'un fossé profond et de jardins denses, offre une résistance acharnée. Les défenseurs utilisent les habitations, construites de manière à se soutenir mutuellement, comme de véritables bastions.
Pendant plusieurs semaines, les troupes assiégeantes font face à de multiples difficultés : un terrain sablonneux peu propice aux travaux de sape, des attaques incessantes des contingents venus des oasis environnantes comme Lichana, et une épidémie de choléra qui ravage les rangs. Malgré ces obstacles et plusieurs assauts infructueux, les forces françaises parviennent à resserrer l'investissement.
Le dénouement survient le 26 novembre 1849. Après une préparation d'artillerie intensive visant à ouvrir des brèches, trois colonnes d'assaut pénètrent dans le village. Les combats, d'une extrême violence, se poursuivent maison par maison. Bouzian et ses derniers partisans sont tués lors de l'assaut final. Le village de Zaatcha est entièrement détruit à l'issue de l'opération.
Conclusion
La chute de Zaatcha marque la fin du principal foyer insurrectionnel dans le Sud-Constantinois. Ce conflit a démontré la complexité des opérations en zone oasienne et a entraîné une soumission temporaire des tribus sahariennes, bien que le coût humain et sanitaire ait été lourd pour les deux camps.
