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Campagnes de l'armée d'Afrique : 1835-1839

d'Orléans Ferdinand Philippe (Duc)
publié en 1870 (par ses fils)

Entre 1835 et 1839, l’armée d’Afrique connaît une phase d’expansion progressive de la présence française en Algérie, tout en affrontant de fortes difficultés militaires, logistiques et sanitaires. Au début de cette période, la domination française demeure principalement limitée aux villes du littoral et à leurs abords. Dans l’Ouest, l’émir Abd el-Kader a progressivement organisé une puissance politique et militaire capable de contester les positions françaises. Le combat de la Macta, en juin 1835, constitue à cet égard un sérieux revers pour l’armée française. La campagne menée quelques mois plus tard prend donc une dimension particulière : en décembre 1835, le maréchal Clauzel porte l’offensive sur Mascara, capitale de l’émir. La ville est occupée sans assaut contre ses murailles et les Français s’emparent de canons, de poudres, d’approvisionnements, d’un arsenal et d’une fabrique d’armes. La destruction de ces installations porte un coup important aux moyens militaires d’Abd el-Kader. Dans la présentation du duc d’Orléans, cette victoire apparaît également comme une réponse au désastre de la Macta et comme une restauration de l’honneur de l’armée d’Afrique.

Dans l’Est, la conquête de Constantine devient l’autre grand objectif. Une première expédition, en 1836, échoue dans des conditions très difficiles, en raison notamment des insuffisances du ravitaillement, des contraintes du terrain et des pertes provoquées par les combats et les maladies. Une seconde campagne, en octobre 1837, aboutit à la prise de Constantine et permet d’établir durablement l’autorité française dans une grande partie de la province.

La période de relative accalmie qui suit le traité conclu avec Abd el-Kader ne met cependant pas fin aux opérations. L’armée doit consolider ses positions, occuper les territoires attribués à la France et développer ses communications. En octobre 1839, la division du duc d’Orléans franchit les Portes de Fer au cours d’une marche particulièrement difficile reliant Constantine à Alger. Cette opération contribue à la reprise des hostilités avec l’émir.

Ainsi, entre la Macta et les Portes de Fer, les campagnes de 1835-1839 illustrent à la fois l’extension territoriale française, la capacité de résistance d’Abd el-Kader et le coût humain considérable des opérations. Les maladies, les difficultés de ravitaillement et les conditions du terrain provoquent de lourdes pertes au sein de l’armée d’Afrique. À la fin de 1839, malgré les succès de Mascara et de Constantine, la confrontation avec l’émir demeure ouverte et entre dans une nouvelle phase.

(Note: cela se terminera avec la rédition d'Abd-el-Kader en 1847).