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Expédition d'Afrique ; Détails sur le départ de la flotte de Toulon, le débarquement de l'armée française et la prise d'Alger.

Duperré Guy-Victor (baron)
publié en 1830

L’expédition française d’Alger en 1830 commence par le départ de la flotte de Toulon, suivi de plusieurs difficultés météorologiques qui dispersent une partie du convoi et retardent les opérations. Après un regroupement à Palma, l’escadre atteint les côtes algériennes et débarque l’armée à Torre-Chika, bientôt appelée Sidi el-Ferruch. Les premières batteries sont rapidement réduites et l’armée organise un camp fortifié destiné à servir de base aux opérations contre Alger.

Le 19 juin, les forces algériennes attaquent les positions françaises autour de Sidi el-Ferruch et de la rivière Staoueli. L’engagement, présenté comme particulièrement important, oppose une armée française de plusieurs dizaines de milliers d’hommes à des forces algériennes plus nombreuses, comprenant notamment des troupes régulières. L’artillerie navale et terrestre joue un rôle déterminant dans les combats. Les Français repoussent l’attaque, s’emparent du camp adverse et de plusieurs pièces d’artillerie, puis consolident leur position. Le 24 juin, une nouvelle offensive algérienne permet cependant la reprise momentanée du camp de Staoueli avant que les forces françaises ne reprennent l’initiative.

La progression française conduit ensuite à l’isolement d’Alger. Les combats des 24 et 25 juin repoussent les forces algériennes vers la ville, tandis qu’une agitation éclate à Alger même et menace momentanément l’autorité du dey Hussein. L’armée française s’empare progressivement des positions dominant la capitale et entreprend le bombardement du fort de l’Empereur. Le 4 juillet, l’explosion d’une poudrière provoque l’évacuation précipitée du fort et accélère l’issue du siège.

Le 5 juillet 1830, une convention est conclue entre le général de Bourmont et le dey d’Alger. Elle prévoit la remise des forts et de la Casbah aux troupes françaises et garantit au dey et à sa famille la liberté de se retirer avec leurs biens. Le texte assure également aux habitants la liberté de leur religion, la protection de leurs propriétés, de leur commerce et de leur industrie, ainsi que le respect des femmes. L’exercice du culte musulman est expressément maintenu. La prise d’Alger marque ainsi l’aboutissement militaire de l’expédition, avec la disparition du pouvoir du dey et la remise aux autorités françaises des principaux établissements militaires et arsenaux de la ville.