Douze ans en Algérie
BONNAFONT (Docteur)
Jean-Pierre Bonnafont, médecin militaire, présente dans Douze ans en Algérie (1830-1842) le récit rétrospectif de sa participation à la conquête et aux premières années de la présence française en Algérie. Dans la préface, il précise que son objectif n’est ni de faire une œuvre littéraire ni une histoire générale, mais de consigner des faits observés jour après jour, des souvenirs personnels et des épisodes militaires et civils auxquels il a été mêlé depuis le départ de Toulon en 1830. Il revendique une posture d’observateur, cherchant à décrire les mœurs, la société et la religion d’un pays « nouvellement conquis », tout en assumant une perspective française favorable à l’entreprise coloniale, qu’il considère comme destinée à faire de l’Algérie une « nouvelle France ».
Le chapitre préliminaire retrace l’histoire de la Régence d’Alger avant 1830, décrite comme un État corsaire vivant de la course et du tribut, toléré pendant des siècles par les puissances européennes. Bonnafont expose ensuite les causes de l’expédition française : l’humiliation diplomatique subie par la France, notamment l’affaire du « coup d’éventail », les dettes non réglées, la question du blocus, et le désir du gouvernement de restaurer son prestige international après 1815. Il rapporte les débats politiques en France, les hésitations, puis la décision de lancer l’expédition en 1830, malgré les oppositions et les craintes sur son coût humain et financier.
Le récit devient ensuite plus personnel : il décrit le départ de Paris, la mobilisation des officiers de santé, l’embarquement à Toulon, l’atmosphère à bord, puis l’arrivée et les premières impressions face au paysage, au port et à la ville d’Alger. À travers ces pages, le texte mêle observations militaires, scènes de vie quotidienne, anecdotes, et regards sur les populations locales, offrant à la fois un témoignage de praticien et une justification implicite de la conquête française.
