1918. Délégations financières. Suppression de l'impôt arabe.
Gouvernement général de l'Algérie
de Slane M. (baron)
Lors de l'assemblée plénière des délégations financières de 1918, est décidée la suppression de l'impôt arabe. Dès 1919, les Arabes paieront l'impôt exactement dans les mêmes conditions que les Européens.
C'est l'aboutissement de plusieurs tentatives de réformer un impôt de la période turque et perpétué par la colonisation. Les premières tentatives débutent en 1857, puis reviennent à l'ordre du jour des assemblées algériennes en 1892; on en reparle de 1896 à 1901, n'arrive toujours pas à mettre en place cette réforme de la fiscalité en 1911.
En 1918, cette motion est adoptée par la majorité de collèges des colons e tnon colons, rejetée par les collèges indigènes et une vingtaine de délégués Européens.
En effet, aligner l'impôt arabe sur l'impôt européen va accroître la pression fiscale sur les Arabes, car contrairement à une idée reçue et qui a la vie dure, déjà exprimée, selon le rapporteur du projet, avec "acrimonie" à l'Assemblée nationale et au Sénat, par des élus qui réclament au nom de l'équité fiscale l'alignement des deux impositions, les Arabes paient moins d'impôt que les Européens. 5 millions d'Arabes paient 35% de l'impôt prélevé en Algérie quand 800.000 Européens paient 65% de l'assiette fiscale, comme le montre les documents relatifs à l'impôt prélevé en Algérie.
Le but de cette harmonisation fiscale est de corriger, non l'injustice imaginaire de l'impôt arabe par rapport à l'impôt européen, mais de corriger les injustices flagrantes entre arabes qui résultaient du système turc et des agents indigènes chargés d'évaluer cet impôt.
