1934-1935. Budget de l'Algérie. Comptes de la gestion de 1934 et de 1935.
Gouvernement général de l'Algérie
1) Le compte de gestion de l’exercice 1934
Le compte de gestion de 1934 dresse le bilan de l’exécution budgétaire dans un contexte encore marqué par les effets prolongés de la crise économique du début des années 1930. Les recettes ordinaires demeurent globalement inférieures aux prévisions initiales, en raison notamment du ralentissement de l’activité économique et de la stagnation du produit des contributions directes. Les impôts sur les revenus professionnels et commerciaux montrent une certaine fragilité, tandis que les ressources domaniales et fiscales annexes jouent un rôle d’appoint sans compenser entièrement les insuffisances.
Du côté des dépenses, l’exercice est caractérisé par une forte rigidité des charges obligatoires. Les dépenses de personnel, d’administration générale et de services publics essentiels absorbent la majeure partie des crédits. Les dépenses d’investissement et de travaux publics sont contenues, souvent différées ou financées par des mécanismes exceptionnels (reports, crédits spéciaux), afin de préserver l’équilibre financier. Le compte de gestion met ainsi en évidence un effort de maîtrise budgétaire, au prix d’un recours limité aux réserves et d’un ralentissement de certaines politiques d’équipement.
2) Le compte de gestion de l’exercice 1935
Le compte de gestion de 1935 traduit une situation financière légèrement plus stabilisée, bien que toujours contrainte. Les recettes montrent une amélioration modérée par rapport à 1934, liée à une meilleure tenue de certains impôts et à une gestion plus rigoureuse du recouvrement. Cette progression reste toutefois insuffisante pour dégager de larges marges de manœuvre budgétaires.
Les dépenses continuent d’être dominées par les charges incompressibles, mais l’exercice 1935 se distingue par une meilleure régulation des crédits et une réduction relative des reports. L’administration cherche à rétablir progressivement les équilibres structurels, en limitant le recours aux mesures exceptionnelles et en reconstituant partiellement les fonds de réserve lorsque cela est possible. Le compte de gestion de 1935 apparaît ainsi comme une étape de consolidation, marquant la transition entre une gestion de crise et une normalisation prudente des finances publiques algériennes.
