1934. Délégations financières. Session ordinaire de mai-juin. Colons
Gouvernement général de l'Algérie
Le document correspond aux débats de la Délégation des colons aux Délégations financières algériennes, lors de la session ordinaire de mai-juin 1934, sous l’autorité du Gouvernement général de l’Algérie. Il s’inscrit dans un contexte de crise économique profonde, marquée par la baisse des prix agricoles, la contraction des débouchés et l’endettement croissant des exploitants.
Les échanges mettent d’abord en évidence la fragilité de l’économie agricole algérienne, fortement dépendante des exportations vers la métropole. Si les exportations globales de 1933 sont jugées relativement satisfaisantes, elles reposent principalement sur le vin, tandis que les céréales, en particulier les blés durs, connaissent de graves difficultés d’écoulement. Les délégués dénoncent un déséquilibre croissant entre prix de production et prix à la consommation, attribué aux mécanismes de spéculation et à l’insuffisance de régulation des marchés.
Une large part des débats porte sur la question du crédit agricole, considéré comme indispensable au maintien de la petite colonisation européenne. Les intervenants soulignent le coût excessif du crédit en Algérie par rapport à la métropole et appellent la Banque de l’Algérie à abaisser ses taux afin d’éviter la ruine des petits et moyens exploitants.
Le document insiste également sur les effets jugés néfastes du régime de l’admission temporaire des céréales importées. Les délégués estiment que ce mécanisme favorise les industriels métropolitains au détriment des producteurs algériens, en permettant l’importation de blés étrangers à bas prix et en retardant l’achat des récoltes nord-africaines. Une motion adoptée à l’unanimité demande la suppression de ce régime, perçu comme une source de déséquilibres économiques et de distorsions commerciales.
Enfin, les débats abordent les orientations générales de redressement budgétaire et économique, en lien avec la politique de déflation engagée par le gouvernement français, présentée comme une condition du rétablissement de la confiance et de la stabilité financière.
