1934. Délégations financières. Session ordinaire de mai-juin. Indigènes.
Gouvernement général de l'Algérie
Le document retrace les travaux de la Délégation indigène lors de la session ordinaire de mai-juin 1934, dans un contexte de crise économique et sociale affectant fortement les populations musulmanes d’Algérie. Les premières séances sont consacrées à l’organisation interne de la section, avec l’élection de M. Saïah à la présidence, suivie de la constitution du bureau et de la désignation des représentants aux différentes commissions interdélégataires (finances, grands travaux, santé publique, crédit agricole, céréales, viticulture, etc.).
Une part importante des débats porte sur les relations avec l’administration coloniale. La Délégation exprime sa reconnaissance au Gouverneur général Carde pour la création d’une commission chargée d’étudier l’amélioration des conditions matérielles et morales des indigènes, initiative perçue comme un moyen inédit de faire entendre directement leurs revendications. Cette démarche suscite de forts espoirs, notamment parmi les fellahs, durement touchés par la crise.
Les séances suivantes sont largement consacrées à l’examen des vœux formulés depuis 1931 et aux réponses apportées par l’administration. Parmi les revendications majeures figure l’attribution de l’indemnité dite du « quart colonial » aux fonctionnaires indigènes, au nom de l’équité avec leurs collègues européens. La Délégation décide de constituer une délégation chargée d’intervenir directement auprès du Gouverneur général afin d’obtenir l’inscription des crédits nécessaires.
D’autres vœux concernent l’accès au crédit pour les cultivateurs indigènes, la réforme des sociétés de prévoyance, la titularisation de personnels auxiliaires (khodjas, agents des postes), l’allègement de certaines contraintes fiscales et forestières, ainsi que l’amélioration des conditions d’enseignement et de formation. Le document met en évidence une démarche pragmatique, visant à obtenir des mesures concrètes et immédiates, tout en s’inscrivant dans un cadre institutionnel et budgétaire contraint.
