1936. Délégations financières. Session ordinaire mai-juin. délégation Indigène
Gouvernement général de l'Algérie
La session s’ouvre sous le signe de l’unité et de la discipline collective. Les membres procèdent d’abord à la constitution du bureau (président, assesseur, secrétaire) puis à la désignation des représentants de la Délégation indigène dans les différentes commissions interdélégataires (finances, grands travaux, voies de communication, santé publique, crédit agricole, services maritimes, céréales, viticulture, commerce et artisanat). Une attention particulière est accordée à la Commission des finances, dans un contexte de crise économique aiguë.
Un point central des débats concerne le rejet de tout nouvel impôt ou relèvement fiscal. Les délégués soulignent l’épuisement économique de la population indigène, particulièrement touchée par la crise. Ils décident de donner un mandat impératif à leurs représentants pour s’opposer à toute charge fiscale supplémentaire.
À partir de la troisième séance, les discussions portent largement sur les Affaires indigènes. Les délégués décrivent la misère croissante dans les campagnes, le chômage, l’insuffisance des secours et les dysfonctionnements de l’assistance publique. Plusieurs interventions réclament une amélioration urgente du sort des agents subalternes des communes mixtes (cavaliers, auxiliaires, chaouchs), souvent mal rémunérés, sans statut clair ni retraite. La création d’un véritable statut, assorti d’échelles de traitement et d’un système de retraite, est présentée comme une nécessité.
Les débats abordent également les secours alimentaires, la gestion des distributions de blé, ainsi que le rôle et l’organisation des bureaux de bienfaisance. Enfin, la Délégation demande la suppression du « droit de fête » perçu à l’occasion des mariages indigènes, considéré comme une charge injustifiée et excessivement lourde dans la situation économique du moment.
