1936. Délégations financières. Session ordinaire de mai-juin. Non colons.
Gouvernement général de l'Algérie
La session s’ouvre par la constitution du bureau. Après discussion sur l’équilibre départemental, Joseph Robert est élu président, assisté de Maglioli comme assesseur et de Bernard comme secrétaire. La Délégation procède ensuite à la désignation de ses représentants dans les différentes commissions interdélégataires (finances, grands travaux, voies de communication, santé publique, crédit agricole, services maritimes, céréales, viticulture, commerce et artisanat), avec le souci constant d’assurer une représentation équilibrée des trois départements.
Un débat central de la première séance porte sur la proposition de création d’une caisse de crédit aux départements et aux communes, destinée à faciliter le financement des travaux publics et à lutter contre le chômage. Les intervenants s’accordent sur la gravité de la situation sociale, marquée par la fermeture de chantiers, l’insuffisance des crédits existants et l’épuisement financier des communes. En revanche, des divergences apparaissent sur les modalités de financement : plusieurs délégués expriment de fortes réserves quant à toute création d’impôt nouveau ou à une contribution communale calculée sur la population, en raison du poids démographique des indigènes et de la faiblesse des ressources locales. La motion est finalement renvoyée à la Commission des finances pour étude approfondie.
Les séances suivantes sont consacrées à l’organisation du travail de la session et à l’examen des crédits budgétaires par secteurs (intérieur, justice, enseignement, affaires indigènes, travaux publics, services économiques, santé publique). La Délégation insiste régulièrement sur la nécessité de coordonner l’action algérienne avec les décisions attendues de la Métropole, tout en soulignant les spécificités locales qui limitent toute transposition mécanique des solutions métropolitaines.
