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1933. Délégations financières. Session ordinaire de mai-juin. Colons

Gouvernement général de l'Algérie
publié en 1933

La session ordinaire de mai-juin 1933 des Délégations financières algériennes s’ouvre dans un contexte économique tendu, marqué par les effets persistants de la crise mondiale et par l’inquiétude croissante des milieux agricoles. La Délégation des colons procède d’abord à la reconduction de son bureau, assurant la continuité institutionnelle malgré l’absence temporaire de son président, M. Barris du Penher. Les débats initiaux soulignent la gravité de la situation budgétaire et la nécessité d’une réévaluation des orientations prises durant les années de relative prospérité liées à la dévaluation du franc.

Une part essentielle des travaux est consacrée à la constitution et au renouvellement des commissions interdélégataires, notamment celles des finances, des grands travaux, des voies de communication, de l’assistance, du crédit agricole, des services maritimes et de la viticulture. Ces commissions sont conçues comme des outils techniques destinés à préparer les décisions budgétaires et à coordonner l’action des différentes délégations (colons, non-colons et indigènes).

La question agricole domine largement les échanges, en particulier la crise des céréales. Face à l’effondrement des prix et aux difficultés de commercialisation du blé, les délégués adoptent une motion appelant à la création d’une commission interdélégataire spécifique chargée d’étudier d’urgence les mesures de soutien à la céréaliculture, en lien avec les politiques métropolitaines. Les débats révèlent des divergences sur l’opportunité d’élargir immédiatement cette réflexion à d’autres productions (oléiculture, fruits, élevage), certains plaidant pour une approche globale, d’autres pour un traitement prioritaire et ciblé des céréales.

Enfin, la session met en lumière les préoccupations liées à l’application de la réglementation sur l’utilisation des blés durs nord-africains dans la fabrication des pâtes alimentaires. Les délégués dénoncent les fraudes et réclament l’application stricte des textes existants, voire le relèvement des quotas, afin de protéger la production locale