L'Algérie telle qu'elle sera
ROSMALEN Auguste
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Dans L’Algérie telle qu’elle sera (1860), Auguste de Roosmalen expose une réflexion prospective sur l’avenir de l’Algérie sous domination française, à partir de ses observations personnelles et de comparaisons historiques. L’auteur part du constat que, malgré une conquête militaire achevée, l’Algérie reste insuffisamment mise en valeur et mal organisée, ce qui empêche selon lui l’exploitation de ses ressources naturelles et agricoles.
Il décrit l’Algérie comme un territoire vaste, au climat varié et aux sols généralement fertiles, susceptible de devenir un espace agricole majeur comparable aux grandes colonies prospères du passé. Pour atteindre cet objectif, Roosmalen insiste sur la primauté de l’agriculture, qu’il considère comme le fondement de toute colonisation durable, l’industrie ne devant intervenir qu’ultérieurement. Il critique les concessions de terres accordées sans moyens suffisants aux colons, qu’il juge vouées à l’échec faute de capitaux, de main-d’œuvre et d’encadrement.
L’auteur plaide pour une action forte et centralisée de l’État, reposant sur un plan d’ensemble cohérent, une organisation administrative rigoureuse et des investissements publics importants. Il défend notamment la création de grandes exploitations agricoles encadrées par des chefs compétents, la formation pratique des colons et ouvriers agricoles, ainsi que l’utilisation de l’armée comme force de travail pour les grands travaux d’infrastructure.
Roosmalen accorde également une place centrale à l’éducation morale et professionnelle, qu’il estime indispensable pour former une population laborieuse, disciplinée et stable. Il évoque enfin le rôle des populations locales, distinguant leurs modes de vie et leurs aptitudes économiques, et estime que leur intégration à l’économie coloniale doit passer par l’agriculture, l’élevage et les travaux d’irrigation.
L’ensemble de l’ouvrage présente ainsi une vision technocratique et planifiée de la colonisation, fondée sur l’ordre, le travail et l’intervention directe de l’État comme conditions du développement futur de l’Algérie.
