L'enfant trouvé et l'Algérie, ou Colonisation agricole de l'Afrique française
DUBEAU (Abbé Dubeau)
Dans L’Enfant trouvé et l’Algérie (1860), l’abbé Dubeau met en relation deux questions qu’il juge indissociables : l’amélioration du sort des enfants trouvés en France et la colonisation agricole de l’Algérie. Partant du constat que, depuis plusieurs décennies, ni la politique d’assistance aux enfants abandonnés ni la colonisation algérienne n’ont donné de résultats jugés satisfaisants, il propose une solution commune : faire des enfants trouvés les acteurs principaux d’une colonisation agricole organisée.
L’auteur rappelle l’historique de la prise en charge des enfants trouvés, notamment le décret impérial du 19 janvier 1814, qui confie leur tutelle à l’État et encadre leur éducation, leur placement et leur apprentissage. Il souligne toutefois les limites du système existant : surpopulation des hospices, insuffisance des moyens financiers, dérives administratives et instabilité politique, facteurs qui auraient empêché une amélioration durable de leur sort. Ces dysfonctionnements sont, selon lui, aggravés par les troubles révolutionnaires et par l’incapacité de l’État à assurer une application rigoureuse et continue des textes.
Dans ce contexte, Dubeau présente la colonisation de l’Algérie comme une œuvre nationale devant associer l’État, la religion et la société civile. Il soutient que l’Algérie offre des terres et des ressources agricoles susceptibles d’assurer à ces enfants une subsistance, une discipline et une intégration sociale durable, tout en contribuant à l’enracinement français du territoire. Il détaille les projets législatifs de 1850, 1853 et 1856, qui prévoient le transfert progressif des enfants trouvés vers l’Algérie, leur formation agricole, la création d’établissements coloniaux et l’attribution de dotations territoriales.
L’ouvrage se conclut par un plaidoyer en faveur de l’adoption de ces projets, présentés comme une réponse simultanée à un problème social intérieur et à un objectif colonial, visant à transformer les enfants trouvés en colons agricoles et à consolider la présence française en Algérie.
