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De la prostitution dans la ville d'Alger depuis la conquête.

DUCHESNE E. A.
publié en 1853

De la prostitution dans la ville d’Alger depuis la conquête est un mémoire d’Édouard-Adolphe Duchesne, médecin français chargé d’une mission scientifique en Algérie entre 1851 et 1853. L’ouvrage s’inscrit dans une perspective d’hygiène publique et de médecine sociale, dans le contexte de l’administration coloniale française après la prise d’Alger.

Dans l’avant-propos, l’auteur explique son choix d’étudier la prostitution en raison de son impact direct sur la santé publique. Il souligne les difficultés méthodologiques liées à la disparition ou à la dispersion des archives lors de la conquête, ce qui limite la précision statistique de son enquête. Son travail repose néanmoins sur les registres municipaux disponibles, des observations de terrain et des échanges avec les services administratifs et médicaux locaux.

Duchesne part du postulat, courant au XIXᵉ siècle, que la prostitution est un phénomène ancien et durable, que les sociétés n’ont jamais réussi à supprimer totalement. Il discute longuement la notion de « nécessité » de la prostitution, en s’appuyant sur des références médicales et morales contemporaines. Selon cette approche, la prostitution est perçue à la fois comme un danger — notamment par la propagation des maladies vénériennes — et comme un fait social que l’autorité publique doit encadrer plutôt qu’ignorer.

L’auteur retrace ensuite les formes historiques de la prostitution, depuis l’Antiquité jusqu’aux sociétés qu’il qualifie de « primitives », évoquant la prostitution religieuse, hospitalière ou sacrée, afin de montrer la diversité des pratiques selon les contextes culturels et historiques. Cette mise en perspective sert à légitimer une analyse comparée du cas algérois.

Concernant Alger, Duchesne décrit les transformations intervenues depuis la conquête française : réorganisation urbaine, évolution des mœurs, présence militaire et européenne accrue. Il insiste sur la nécessité d’une réglementation sanitaire stricte, comprenant l’enregistrement des prostituées, la surveillance médicale régulière et un contrôle administratif, dans le but déclaré de protéger la santé publique et l’ordre social.

L’ouvrage se conclut sur l’idée que la prostitution, considérée comme un « mal social », doit être gérée par des mesures rationnelles et médicales, conformément aux principes de l’hygiène publique du XIXᵉ siècle, sans prétendre à son éradication complète