Ali le renard, ou la conquête d'Alger (1830), roman historique et La conquête d'Alger.
De SALLE Eusèbe
Publié en 1832, Ali le Renard, ou la conquête d’Alger (1830) d’Eusèbe de Salle se présente comme un roman historique visant à relater et interpréter la prise d’Alger par les troupes françaises. L’auteur inscrit son œuvre dans l’actualité immédiate de l’expédition d’Afrique, qu’il considère comme un événement majeur appelant une mise en récit à la fois politique, militaire et morale.
Dans la préface, Eusèbe de Salle justifie le recours à la fiction. Il explique que les récits strictement historiques ou administratifs, déjà nombreux, ne suffisent pas à rendre compte de la complexité humaine de l’événement. Le roman permet, selon lui, d’explorer les caractères, les passions et les motivations des acteurs, tout en conservant une trame fondée sur des faits réels. Il revendique une position d’observateur impliqué, ayant recueilli des notes et des impressions durant l’expédition, mais transformées a posteriori par l’écriture littéraire.
L’auteur affirme ne pas prétendre à l’exhaustivité historique, ni à l’objectivité absolue. Il reconnaît que les personnages sont parfois idéalisés ou stylisés, conformément aux usages du genre, et que certaines figures sont des compositions plutôt que des portraits exacts. Toutefois, il insiste sur la sincérité de son intention : éclairer les enjeux de la conquête, ses conséquences politiques, sociales et morales, et rendre intelligible la rencontre conflictuelle entre deux mondes.
Enfin, Eusèbe de Salle situe son œuvre dans une perspective plus large de réflexion sur la colonisation, la civilisation et le rôle de la France en Méditerranée. Il assume le caractère engagé de son texte, dans le sens d’une justification générale de la conquête d'Alger, d’une vision de la France comme puissance civilisatrice, tout en le présentant comme une contribution parmi d’autres à la compréhension d’un événement encore en cours d’interprétation au moment de sa publication.
