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De la domination turque dans l'ancienne régence d'Alger

Esterhazy Louis-Joseph-Ferdinand (capitaine d'artillerie)
publié en 1840

Dans De la domination turque dans l’ancienne régence d’Alger (1840), Walsin Esterházy propose une analyse historique et politique du régime ottoman en Algérie avant la conquête française. L’ouvrage vise à expliquer l’organisation du pouvoir turc, ses effets sur la société locale et les raisons de son effondrement rapide face à l’intervention française.

L’auteur décrit un système de domination fondé sur une autorité militaire étrangère, exercée par une minorité turque séparée de la population indigène. Le pouvoir repose sur le dey, l’armée et une administration réduite, principalement préoccupée par la perception des impôts et le maintien de l’ordre. Cette domination est présentée comme instable, reposant davantage sur la contrainte que sur l’adhésion des populations. Les structures politiques locales sont peu associées au gouvernement, et les intérêts des habitants sont jugés secondaires.

Esterházy insiste sur l’absence d’un cadre juridique cohérent et durable. Les règles de propriété, notamment foncière, sont décrites comme floues ou arbitraires, ce qui freinerait le développement économique. Les ressources du pays seraient peu exploitées, l’agriculture insuffisamment encouragée, et le commerce limité par l’insécurité et l’incertitude administrative. Cette situation contribuerait, selon l’auteur, à l’appauvrissement général et à l’immobilisme social.

L’ouvrage analyse également les conséquences politiques de cette domination : la faiblesse de l’État, l’absence d’organisation territoriale efficace et l’incapacité à mobiliser durablement les populations expliqueraient l’effondrement rapide du régime en 1830. Enfin, Esterházy estime que la France hérite d’un pays sans institutions solides, ce qui rend la conquête et l’administration particulièrement complexes. Il présente ainsi la domination turque comme un facteur explicatif majeur des difficultés rencontrées lors de l’installation du pouvoir français en Algérie