Culture du tabac. Alger
Huzard Jean-Baptiste
Dans Culture du tabac. Alger (vers 1835), Jean-Baptiste Huzard adresse un mémoire à la Chambre des députés afin d’examiner les conditions économiques et administratives de la culture du tabac dans la régence d’Alger. Le texte s’inscrit dans le contexte des premières années de l’occupation française et vise à proposer des solutions destinées à réduire le coût financier de cette présence tout en renforçant les ressources de l’État.
L’auteur part d’un double constat : d’une part, l’occupation d’Alger représente une charge lourde pour les finances publiques ; d’autre part, la culture du tabac, alors soumise à un régime de privilèges et de monopole, suscite des tensions et limite les initiatives agricoles. Huzard cherche à concilier les impératifs budgétaires de l’administration avec une exploitation plus rationnelle des terres disponibles.
Il développe l’idée que l’État dispose en Algérie de vastes terrains fertiles et d’une armée composée en grande partie de soldats susceptibles d’être employés à des travaux agricoles. Il propose d’affecter une partie de ces soldats à la culture du tabac sur des terres appartenant à l’État, ce qui permettrait de produire localement une matière fortement imposable et de réduire les importations. Selon lui, les dépenses supplémentaires liées à cette organisation seraient compensées par les recettes fiscales générées.
Huzard affirme que le climat d’Algérie est favorable à la culture du tabac et minimise les objections relatives au manque d’engrais, en s’appuyant sur des exemples observés dans d’autres régions chaudes. Il estime également que l’abandon progressif de la culture du tabac en France réduirait les coûts de surveillance administrative et les conflits économiques liés au monopole.
Enfin, l’auteur élargit sa réflexion à la colonisation agricole. Il suggère l’installation de colons européens, notamment d’anciens soldats, auxquels seraient concédées des terres en échange d’un engagement de mise en valeur. L’ensemble du mémoire vise ainsi à démontrer que la culture du tabac peut devenir un levier économique permettant à l’Algérie de contribuer à ses propres frais d’occupation et de colonisation
