Statistique médicale de la province d'Alger, mêlée d'observations agricoles
Trolliet Louis-François
Dans Statistique médicale de la province d’Alger, mêlée d’observations agricoles (1844), Louis-François Trolliet présente une étude systématique des conditions sanitaires de la province d’Alger durant les premières années de la présence française. Médecin en chef, l’auteur s’appuie sur plusieurs années d’observations hospitalières, principalement celles de l’hôpital civil d’Alger, afin d’identifier les causes générales des maladies et leur évolution saisonnière.
L’ouvrage s’ouvre par un avant-propos rappelant l’héritage médical transmis par les savants arabes au Moyen Âge et la continuité des savoirs médicaux jusqu’à l’Europe moderne. Trolliet inscrit ensuite son travail dans une perspective pratique : comprendre les facteurs climatiques, environnementaux et sociaux influençant la morbidité afin d’améliorer l’hygiène et les soins.
La première partie analyse les causes générales des maladies. L’auteur distingue les influences du climat, de l’air, des eaux, du sol et des saisons. Il exploite des données chiffrées portant sur plusieurs milliers de malades admis sur six années, montrant que le nombre de cas n’augmente pas de façon strictement progressive mais varie selon l’intensité des travaux, la densité de population et surtout les saisons. L’été et le début de l’automne concentrent le plus grand nombre de malades, tandis que l’automne est associé à une mortalité plus élevée, notamment en raison des fièvres et de leurs rechutes.
Trolliet observe que les hivers doux correspondent à une moindre mortalité, tandis que les étés très chauds favorisent certaines affections, en particulier dans les zones marécageuses. Il souligne également des différences entre populations civiles et militaires, liées aux conditions de logement, d’alimentation et de soins.
La seconde partie aborde plus précisément la question de la température et de l’air. L’Algérie est décrite comme appartenant à la zone tempérée, avec des variations régionales marquées par le relief, l’altitude et l’influence maritime. L’auteur conclut que les phénomènes sanitaires observés confirment l’importance déterminante du climat et des saisons dans la production et la gravité des maladies, conformément aux principes hérités de la médecine hippocratique.
