Discours sur l'agriculture de la Régence d'Alger
Trolliet Louis-François
Dans le Discours sur l’agriculture de la Régence d’Alger (1835), Louis-François Trolliet expose une analyse détaillée de l’état agricole du territoire algérien peu après le début de la présence française. Prononcé devant la Société royale d’agriculture de Lyon, le texte vise à évaluer les potentialités productives de la régence et à en tirer des enseignements économiques pour la France.
L’auteur ouvre son propos par une comparaison avec l’évolution agricole de la métropole, soulignant comment la mise en valeur des terres a transformé paysages et rendements. Il estime que l’Algérie offre des conditions naturelles favorables, notamment par la fertilité des plaines, l’ensoleillement et l’abondance relative des eaux dans certaines régions. Les plaines de la Mitidja et les zones proches de l’Atlas sont présentées comme particulièrement propices à la culture.
Trolliet retrace ensuite l’histoire agricole du territoire, rappelant que ces terres furent intensivement exploitées dans l’Antiquité, notamment à l’époque romaine, avant de connaître un déclin progressif lié aux troubles politiques, aux invasions et à l’insécurité. Il décrit les pratiques agricoles contemporaines, caractérisées par une culture extensive, des rendements limités et un outillage rudimentaire, ainsi qu’une prédominance de l’élevage sur la céréaliculture.
Une part importante du discours est consacrée aux cultures jugées prometteuses. Trolliet insiste sur l’olivier, le blé et le coton, qu’il considère comme adaptés au climat et susceptibles d’alimenter à la fois la consommation locale et les besoins industriels français. Il évoque également la vigne, le mûrier pour la soie, l’indigo et d’autres plantes tinctoriales, dont le développement pourrait réduire la dépendance économique de la France envers les importations étrangères.
L’auteur conclut que la régence d’Alger possède un fort potentiel agricole, à condition d’y introduire des méthodes culturales plus rationnelles, de sécuriser les campagnes et d’encourager l’installation durable des colons. L’agriculture est ainsi présentée comme un levier central de prospérité économique et de stabilisation du territoire.
