Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

A travers les cactus. Traversée de l'Algérie à bicyclette.

De Perrodil Edouard
publié en 1896

Dans À travers les cactus. Traversée de l’Algérie à bicyclette (1896), Édouard de Perrodil livre le récit, à la fois vivant et subjectif, d’un voyage sportif et d’observation qu’il effectue à bicyclette à travers l’Algérie – avec l’ambition initiale de pousser jusqu’à la Tunisie. L’ouvrage mêle narration d’aventure, tableaux de mœurs et impressions personnelles d’un Français de la fin du XIXe siècle face à la colonie.

Le livre s’ouvre sur le départ Paris–Marseille puis la traversée maritime vers Alger à bord de l’Eugène-Pereire. Perrodil décrit avec minutie ses appréhensions face à la mer, l’arrivée sous l’orage, puis l’accueil chaleureux des milieux cyclistes algérois. Il présente son compagnon de route, le jeune Belge Albert Van Marke, dont la placidité contraste avec son propre tempérament.

À Alger, l’auteur observe la ville européenne et la Kasbah arabe, qu’il parcourt comme un « labyrinthe » de ruelles, de boutiques et de métiers traditionnels. Il décrit la vie urbaine, les camelots, les petits cireurs de chaussures (« kif ! kif ! la glace de Paris ») et note l’importance déjà prise par le cyclisme local. Il livre aussi des jugements très marqués sur la « question juive » en Algérie, reprenant des stéréotypes et un discours antisémite largement répandu à l’époque.

Avant le départ effectif, Perrodil reçoit de nombreux avertissements sur la chaleur, le sirocco, l’état des routes et l’insécurité possible des campagnes. Le projet est de partir d’Oran, traverser la plaine du Chélif et relier les grandes étapes (Orléansville, Blida, Alger, Sétif, Constantine, Bône, Souk-Ahras), soit environ 1 250 km. Il insiste sur l’incertitude quant à la possibilité de poursuivre ensuite en Tunisie, faute de routes.

À Oran, il décrit l’accueil du « Joyeux Cycliste Club Oranais », la ville très européanisée, ses jardins, son port et Mers-el-Kébir. Il évoque les paysages, la poussière des routes, la chaleur écrasante et les préparatifs du départ.

L’ouvrage, mêlant récit de voyage, anecdotes sportives, descriptions pittoresques et opinions personnelles, offre ainsi un témoignage représentatif du regard colonial, des pratiques cyclistes et des représentations sociales de l’Algérie à la fin du XIXe siècle.