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Alger et les côtes d'Afrique

de Fontaine de Resbecq
publié en 1832

Publié deux ans après la prise d’Alger, l’ouvrage se présente comme une monographie complète destinée au public français sur la Régence d’Alger et, plus largement, sur les côtes d’Afrique du Nord. Il combine récit militaire, description géographique, observations naturalistes et tableau ethnographique, dans une perspective clairement favorable à la conquête de 1830.

La première partie est consacrée à l’expédition de 1830. L’auteur rappelle l’origine du conflit (affaire Bacri-Busnach, contentieux financier, puis « coup d’éventail » du dey Hussein au consul Deval en 1827), le blocus jugé coûteux et inefficace, puis la décision de l’expédition sous Polignac. Il décrit avec précision l’embarquement, la traversée, le débarquement à Sidi-Ferruch, les combats, la prise du fort de l’Empereur et la capitulation d’Alger le 5 juillet 1830. Le ton est héroïque : l’armée française est présentée comme disciplinée, généreuse envers les habitants et moralement supérieure à la « barbarie » de la Régence.

La deuxième partie traite de la géographie et du climat. L’auteur décrit le littoral, la chaîne de l’Atlas, les plaines (notamment la Mitidja), les rivières, les vents, la saison des pluies et les phénomènes électriques spectaculaires observés à Alger. Il insiste sur la douceur relative du climat et sur le potentiel agricole du territoire.

La section suivante porte sur la végétation et la géologie : richesse des broussailles, présence de chênes verts, lièges, oliviers, figuiers de Barbarie, agaves, vergers proches de types européens ; contraste avec les steppes intérieures ; potentiel minier (cuivre, pierres de construction) et espoir de trouver de la houille.

Un long développement est consacré à l’histoire naturelle : faune marine (corail, éponges, poissons), reptiles, insectes (abondance des puces), oiseaux de la Mitidja, puis mammifères et animaux féroces (lions, chacals, sangliers). L’auteur décrit aussi les animaux domestiques, en particulier le chameau, essentiel aux déplacements dans les zones arides.

Enfin, le livre propose un vaste tableau des « races » et populations de la Régence (Berbères, Maures, Arabes, Turcs, Juifs, Koulouglis, Nègres). Il décrit leurs habitats, costumes, modes de vie, religion, métiers, pratiques alimentaires et funéraires, avec de nombreux jugements moraux typiques de l’époque. Les Berbères sont présentés comme industrieux mais « sauvages », les Maures comme habiles mais paresseux, tous musulmans mais divisés en sectes.

L’ensemble vise à informer, justifier et préparer symboliquement la colonisation française en montrant l’Algérie comme un territoire riche, maîtrisable et appelé à devenir une possession durable de la France.