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L'Algérie. Son agriculture. Son commerce. Son industrie. Sa colonisation. Son avenir

DERVIN G. (abbé)
publié en 1902

L’ouvrage est une brochure de vulgarisation destinée au public français, visant à faire connaître l’Algérie et à encourager l’intérêt pour la colonie et, implicitement, la colonisation libre. Dans l’Avant-propos, Dervin précise qu’il ne propose ni une étude savante ni une analyse critique, mais une présentation claire et synthétique, fondée sur des statistiques et des travaux existants, pour donner « une idée générale et juste » de l’Algérie et susciter des vocations de colons.

La première partie est consacrée aux zones naturelles et climatiques. Dervin distingue trois grandes régions :

  1. le Tell (région cultivable), subdivisé en zone maritime (favorable à l’oranger, à la vigne, aux céréales à hauts rendements et à l’horticulture) et zone montagneuse (Kabylie, « zone de l’olivier », plus fraîche et plus arrosée) ;

  2. les Hauts-Plateaux, présentés comme une région essentiellement pastorale, marquée par des climats extrêmes, des pluies rares et une agriculture limitée ;

  3. le Sahara, quasi impropre à la culture sauf dans les oasis. L’auteur insiste sur le rôle déterminant du climat (pluies saisonnières, chaleur estivale, humidité littorale) et sur la nécessité d’adapter les cultures à ces contraintes.

La seconde partie oppose agriculture indigène et agriculture européenne.

  • L’agriculture arabe est décrite comme extensive et rudimentaire : charrue primitive, peu d’outillage, absence d’engrais et de réserves de fourrage, priorité à l’élevage (surtout mouton et bœuf) et dépendance aux productions spontanées du sol. Dervin souligne à la fois l’importance économique des troupeaux indigènes et le caractère « fataliste » et peu prévoyant des pratiques agricoles.

  • L’agriculture kabyle est présentée comme plus intensive et diversifiée, centrée sur l’arboriculture (olivier, figuier), le travail familial (rôle actif des femmes) et la valorisation maximale des terres en pente, mais insuffisante pour nourrir la population sans salariat saisonnier chez les colons.

L’agriculture européenne est décrite comme techniquement supérieure mais contrainte par le climat à produire surtout des cultures méditerranéennes (vigne, olivier, oranger), en concurrence avec le Midi français. Dervin insiste sur le rôle central de la vigne comme « plante colonisatrice » ayant attiré capitaux et immigrants.

La troisième partie analyse les productions agricoles, surtout les céréales : orge (première culture, importante pour l’exportation vers les brasseries françaises), blé dur et blé tendre (rendements inférieurs à ceux de la France, mais excédents exportables), puis sorgho, maïs et avoine. L’auteur discute le mythe de « l’Algérie grenier de Rome », qu’il relativise en rappelant l’épuisement des sols depuis l’Antiquité et les destructions historiques.

Enfin, Dervin attribue la faiblesse relative des rendements à une culture sans engrais et sans fourrages, tant chez les indigènes que chez de nombreux colons, et suggère qu’un développement des prairies artificielles et de l’élevage améliorerait durablement la fertilité des terres et l’avenir agricole de l’Algérie.