L'Algérie française : histoire, moeurs, coutumes, industrie, agriculture
BERTEUIL Arsène
L’ouvrage se présente comme une vaste synthèse d’histoire, de géographie physique, de mœurs, d’agriculture et de ressources naturelles de l’Algérie, rédigée par un auteur qui revendique une expérience personnelle du pays et une proximité avec l’armée d’Afrique.
Dans la Préface, Berteuil justifie la conquête de 1830 comme une nécessité morale et politique : la Régence d’Alger est décrite comme un « repaire de piraterie » menaçant le commerce méditerranéen, et la prise d’Alger est présentée comme un service rendu à l’humanité. Il précise sa méthode : s’appuyer sur documents officiels, bulletins de l’armée et témoignages directs, classer les événements chronologiquement, et raconter à la fois les opérations militaires (de 1830 à 1854 dans le premier volume) et la connaissance du pays (ressources, cultures, mœurs, hygiène, industrie). Il revendique une volonté d’impartialité et de vérité historique.
La Première partie s’ouvre sur un vaste tableau de la géographie de l’Afrique, avant de se concentrer sur l’Algérie. Berteuil décrit l’Afrique comme un continent mal connu, presque entièrement entouré par les mers, structuré par de grands bassins hydrographiques (Nil, Atlantique, Indien, lac Tchad). Il insiste sur le Sahara comme une barrière naturelle majeure et sur les dangers qu’il présente (chaleur extrême, vents de sable, hostilité des populations).
Un long développement est consacré à l’Atlas : distinction entre Grand et Petit Atlas, description des chaînes, des « Portes de Fer » (Biban), des cols, des neiges sur certains sommets, et du climat contrasté entre versants. Berteuil analyse ensuite les saisons, la température et les pluies en Algérie, montrant une alternance marquée entre saison sèche très chaude et saison pluvieuse, avec des variations régionales.
L’auteur dresse ensuite un inventaire des fleuves, oueds, lacs et sources (Chélif, Seybouse, Rummel, Harrach, Mazafran, Chott, Sebkha), notant la fréquence des eaux salées et des sources thermales.
Il propose enfin une esquisse de géologie et de richesses minérales : formations schisteuses et calcaires du Petit Atlas, porphyres volcaniques, abondance du fer, indices de cuivre, plomb, or et diamants, ainsi que présence de sel et de soude.
L’ensemble vise à montrer une Algérie à la fois difficile et extraordinairement riche, dont la conquête française ouvre, selon Berteuil, des perspectives de mise en valeur agricole, industrielle et scientifique.
