Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Un mot sur l'Algérie, en 1877

- anonyme
publié en 1877

Le texte, d’inspiration clairement favorable à la colonisation, se présente comme une mise au point destinée à corriger ce que l’auteur juge être des préjugés européens sur l’Algérie. Partant du programme officiel de colonisation pour 1878 et de l’afflux de demandes (y compris d’étrangers prêts à changer de nationalité), il cherche à démontrer que la colonie offre désormais des conditions sûres et attractives pour l’immigration.

L’auteur examine successivement plusieurs domaines. Sur le plan sécuritaire, il affirme que la présence d’une armée de 50 000 hommes et d’un important dispositif de gendarmerie garantit l’ordre, que les dernières insurrections ont été maîtrisées et que des ouvriers européens travaillent même au cœur du « pays arabe » sans escorte.

En matière de justice, il soutient que l’Algérie est largement assimilée à la métropole : tribunaux français, cours d’assises avec jury, tribunaux de commerce élus, et application du droit commun aux Européens, tandis que certains litiges entre musulmans relèvent de juridictions indigènes.

Sur le plan religieux, le texte insiste sur la liberté des cultes (catholique, protestant, israélite et musulman), en donnant des exemples concrets de coexistence pacifique, notamment à Alger.

L’instruction publique est présentée comme particulièrement développée : école préparatoire de médecine, lycée d’Alger, collèges, écoles normales, centaines d’écoles primaires, bibliothèques et cours du soir, avec une fréquentation jugée très élevée au regard de la population européenne.

L’auteur décrit ensuite les formes de solidarité et d’assistance (sociétés de secours mutuels, hôpitaux, orphelinats, asiles, médecine cantonale), qu’il estime plus généreuses qu’en métropole.

Il fournit enfin des données démographiques et économiques : près de 3 millions d’habitants au total, dont environ 345 000 Européens, parmi lesquels plus de 120 000 agricoles, décrits comme des « pionniers » valorisant la terre. Il détaille aussi les infrastructures (routes, plus de 1 000 km de chemins de fer, télégraphe et poste).

La conclusion est incitative : l’Algérie offrirait, selon l’auteur, liberté, sécurité et terres fertiles, et constituerait une alternative préférable aux départs vers le Nouveau Monde pour les Français disposant d’un petit capital et de volonté de travail